Diable !

Le supermarché expose un grand déballage de promos. A l’affût de la bonne affaire je déambule avec les autres ménagères. Je m’arrête devant un lot de neuf paquets de gâteaux secs soldé 6,66€ au lieu de 10,42€. L’achat me tente mais j’hésite.

« Non, mais, vous avez vu le prix ? » me lance une brune quincagénaire. Surprise, j’avoue timidement que je ne trouve pas le prix si mal. « Comment ? Mais ils l’ont mis à 6,66€ ! C’est le chiffre du Diable ! Moi qui en voulais pour mes petits enfants, je n’en prends pas ! ».

Le raisonnement de la mamie balaie mon indécision. « Au diable la superstition !! » dis-je, attrapant résolument le premier paquet à ma portée. La gourmandise n’est-elle pas déjà un péché ?

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N’ayons pas honte ! Mon petit album sur les Marées expliquées aux enfants est publié en ligne aux éditions numériques 999. L’e-book des Marées est lisible et téléchargeable gratuitement sur le site Edition999 dans la rubrique Adolescents et jeunes adultes.

https://www.edition999.info/-Adolescents-et-Jeunes-Adultes-.html

Si ce modeste album vous plaît n’hésitez pas à laisser des commentaires sur le site des éditions 999 ! Sa vie en sera peut-être plus longue… Merci !

A bientôt…

Albertine Herrero

Soir d’été

Chaude soirée sur le parc. J’essaie de ne pas penser aux résultats du bac, au baroud d’honneur des profs qui retiennent leurs notes, refusent de rendre les copies pourtant consciencieusement corrigées et tirent la langue au ministre, sous les insultes et la menace de sanctions disciplinaires et de la perte d’un demi-mois de salaire. Ils sont minoritaires en France mais nombreux en Seine-Saint-Denis, là où l’injustice grandissante de l’école fait les plus lourds dégâts. Au journal télévisé j’ai bien sûr reconnu des collègues de mon lycée, combattants que j’ai abandonnés.

Depuis mon salon, assise près de la fenêtre ouverte, j’écoute le cœur du quartier en été. Il me calme. Je dessine, des enfants crient, les gardiens sifflent la fermeture du parc, les pique-niqueurs plient leurs couvertures, des musiciens de la tombée du jour chantent, ignorants des gardiens qui leur font signe. J’écoute le rythme, les voix, les mains qui claquent, souhaitant qu’elles continuent leur enivrant tapage jusqu’à me faire oublier, demain, le bras de fer des résultats du bac.