Comptines

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Les chieurs

Mais pourquoi sont-ils si chiants ?

Nous profitons d’un cadre idéal en cette superbe bien qu’écologiquement angoissante fin d’été : une terrasse ensoleillée au bord d’un canal. La compagnie est parfaite de deux amis qu’on ne voit pas si souvent et qui nous invitent au restaurant. La serveuse sourit. Le menu est alléchant.

Hélas autour de la table plane la menace d’une pagaille enfantine.

Calmes avant la tempête, à peine encore vibrants, les deux grands sont absorbés par la découverte de la carte. Le Moyen cherche laborieusement la ligne du steak frites, et la Grande, gourmande, s’applique à débusquer le plat le plus original tout en méditant sur les moyens se faire offrir un cocktail apéritif en plus d’un Ice Tea digestif.

Quant au Petit, je le regarde de travers : assis depuis quelques minutes à peine, il joue à glisser son couteau entre les lames en bois de la table à claire-voie. Réprouvant l’activité, mais soulagée qu’il soit occupé, je surveille ça de loin, au risque de le voir y laisser un doigt. Le couteau tombe par terre. Le gamin s’exclame. Descend de sa chaise à sa suite. Se traîne entre nos jambes puis abandonne le couteau en découvrant le jeu plus amusant de courir autour de la table. Ma contrariété s’enflamme.

Choix spatial que j’imagine stratégique, on nous a placés un peu à l’écart des autres clients qui chuchotent et savent rester le cul sur leur chaise. Eux.

Le Petit galope en rond. Il hurle de joie. Je hurle de colère. Des têtes aux quatre coins de la terrasse se tournent vers nous. Je rentre les épaules et je cache rage et honte dans mon verre de kir. Si je me tais, je suis laxiste. Si je m’écrie, une harpie. Dans les deux cas je n’arrive à rien : le gosse continue son agaçant mouvement de rotation.

Dans mon quartier quand je gronde aux turbulences des trois mouflets sur le chemin du parc ou de l’école, c’est la voix de ma nounou qui me répond. Son bel accent me chante : « laissez madame Herrero, ce sont des enfants ! »

Au bord du canal, les têtes chenues, qui tout autour nous jugent, n’ont pas cette douce indulgence. Elles pensent qu’elles offraient une meilleure éducation que moi en leur temps. Vieux parents, ils sont fiers de n’avoir pas engendré ces diables. Ai-je jamais, à trois ans, couru dans un restaurant ? Je ne sais pas. Tous les enfants d’avant étaient-ils sages ? Sans doute pas. Sophie dans ses malheurs et le Petit Nicolas ne témoignent pas qu’ils l’étaient tant que ça.

Autour de la table la situation ne fait qu’empirer. Le Moyen qui a réussi à commander ses frites, joue maintenant à chat avec son frère entre les jambes de la serveuse. La Grande de son côté ne comprend pas qu’il n’est pas poli pour nos amis qu’elle commande les mets les plus chers. Il me faudrait plus d’yeux pour fusiller tout le monde.

En attendant le plat principal, signal nous est donné d’accéder au buffet à volonté des entrées. La Grande veut goûter tous les pâtés. Son assiette est un dôme. Le Moyen, au mépris des règles, se plante directement devant les desserts. Il court-circuite ainsi les premiers clients qui perdent le privilège qu’ils croyaient légitimement acquis d’être les premiers servis. Le Petit m’échappe et s’élance. Sans un regard pour les saladiers ni les terrines, il slalome et déboule dans les cuisines. Essoufflée je le pourchasse. Ne portant ni charlotte à cheveux ni sur chaussures, je bafoue toutes les normes d’hygiènes isomachinchoses apprises en compagnie de mes étudiants de BTS qualité des industries agro-alimentaires et des bio-industries. Je rattrape le bébé bondissant à deux pas de la plonge, le saisis et m’éclipse avant que ne nous voient et ne nous pourchassent des inspecteurs sanitaires sortis des grands frigidaires et de dessous les fourneaux.

Le Petit s’est goinfré de pain et d’œufs durs mayonnaise : il n’avait plus faim à l’arrivée de son steak. Le Moyen s’est servi quatre parts de tarte aux fraises. La Grande en a profité pour goûter les babas au rhum et les pruneaux au vin. Je crois que nos amis, tolérants et sans regret pour l’addition salée, ont rigolé.

Fallait-il rêver d’un déjeuner contemplatif et de conversations feutrées ? Aurions-nous apprécié de regarder glisser sans bruit sur le canal ensoleillé, les pédalos ? Les plats en auraient-ils été plus savoureux ou plus insipides ? Sans doute ai-je déjeuné de couleuvres, mais leur souvenir en restera coloré. Car mes enfants, aussi insupportables par leurs chamailleries incessantes que par leur solidarité ponctuelle dans les conneries, sont juste des enfants. Chaque lieu est le théâtre de nouveaux jeux et toutes les tartes aux fraises sont bonnes à manger. Peut-être faudrait-il les interdire au restaurant ? Ou supporter et pardonner ?

Remuants, bruyants, imprévisibles, enthousiastes, chamailleurs et curieux. CHIANTS.

Si et seulement si

En logique mathématique on utilise la notion de « condition nécessaire et suffisante », abrégée par l’expression « si et seulement si ».

Pour sauver ma peau, fuir du lycée était une condition nécessaire.

La condition peut être « nécessaire », c’est-à-dire « indispensable », à la réalisation d’un résultat, sans pour autant en être l’ingrédient suffisant. Il faut rajouter d’autres paramètres pour obtenir le succès. La condition est alors nécessaire mais pas suffisante.

La condition peut être suffisante pour que le succès soit au rendez-vous, mais nous aurions pu gagner à moins de frais, c’est-à-dire avec une condition plus légère, moins importante, moins contraignante. On a mis trop de moyens pour arriver à nos fins. La condition est alors suffisante mais pas nécessaire.

Quand on dose pile comme il faut, on dit que la condition est « nécessaire et suffisante ». La condition entraîne le résultat, mais le résultat redonne aussi la condition. Ça marche dans les deux sens, peu importe qui, du résultat ou de la condition, a existé en premier, puisque l’un ramène l’autre. On dit qu’ils sont équivalents.

Pour sauver ma peau, fuir du lycée était donc une condition nécessaire.

Est-elle une condition suffisante ? Puis-je me satisfaire de cette mise à l’abri quand ceux que j’ai laissés derrière moi, élèves, parents, collègues, amis, continuent de crever sans que les cris, les coups ni les grèves percent le périmètre de quelques kilomètres en dehors duquel les gens vivent normalement ?

Parfois des images et quelques mots franchissent la frontière. Ce fut le cas ce lundi 16 septembre 2019 au journal de 20h de TF1.

https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/seine-saint-denis-un-lycee-face-a-la-violence-80376570.html

Cette fois c’était la première chaîne NATIONALE !!! Beaucoup l’ont vu ! Mais combien ont ressenti ce que j’ai ressenti au reportage de mon ancienne vie ?

Si mes textes sont souvent trop longs, ce reportage, lui, ne dure que deux minutes et quelques secondes. Prenez donc le temps de le regarder. Ce n’est pas l’histoire de racailles malfaisantes qu’il faudrait éliminer ou expulser, c’est l’histoire de territoires abandonnés dans lesquels notre pays riche et puissant métamorphose des gens désemparés en animaux sauvages qui croient nécessaire de lutter avec des couteaux et des marteaux pour des territoires en béton de quelques mètres carrés.

Il y a cinq ans le lycée de ce reportage était un oasis dans la ville. Il avait été primé meilleur lycée de France au palmarès des lycées pour « la plus value » qu’il réalisait entre ses résultats réels de réussite au bac (près de 90%) et ceux qu’on aurait pu attendre d’un lycée accueillant un public défavorisé (65% espéré). Un lycée symbole de réussite, encore espoir d’ascension sociale, proposant toutes les options et des classes préparatoires scientifiques aux grandes écoles (maths sup, maths spé).

Et maintenant, voyez.

https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/seine-saint-denis-un-lycee-face-a-la-violence-80376570.html

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Le petit chat et l’enfant

Le petit chat est au fond du jardin, sous la terre.

Le petit enfant à genoux gratte la terre de ses petites mains. Il veut caresser le chat. Il faut le sortir de là. Il nous regarde sans comprendre : pourquoi ne l’aidons-nous pas à sortir ce pauvre petit chat ? Pourquoi ne bougeons-nous pas ? Il s’arc-boute, il veut rester, il veut creuser. Il pleure sans comprendre notre cruauté.

Le petit enfant a trois ans. Le petit chat en avait vingt, mais il n’est pas mort au fond du jardin, ni sous le lilas, ni dans un panier, ni sur une pile de chiffons colorés au grenier. Une voiture l’a heurté. Est-ce une leçon à donner à l’enfant qui cherche toujours à lâcher la main dans la rue, à s’échapper ?

Le vieux chat chétif avait peur du petit enfant : de ses cris, de son excitation, de ses caresses vigoureuses.

Avec l’arrivée de l’enfant, je m’occupais moins du vieux chat endormi sous le lilas du jardin de mes parents. Un chat, même chétif, qui s’endort sur un ventre rond, c’est inconfortable pour tout le monde. Un chat curieux qui se couche dans le lit d’un nourrisson c’est dangereux. Un chat légitimement agacé par les câlins brutaux et bruyants d’un bébé peut griffer.

Aurais-je su si naturellement accueillir l’enfant nouveau né sans l’expérience des longues années partagées avec le petit chat de vingt ans, arrivé à quelques mois de la rue, errant ? Les câlins, les soins, les jeux d’éveil, les bobos, les médicaments, la chaleur et la compagnie. L’enfant de trois ans, par moments, se fait encore chat. Je l’ai cajolé, nourri, grondé, soigné, comme un chat.

Loin du fond du jardin, à la mer, le petit enfant ramasse des coquillages. Il veut les rapporter à la maison dans un seau d’eau. Oui pour les coquillages, mais non pour l’eau ! Mais sans eau ils vont mourir ? Hélas les coquillages vides, déployant deux ailes de papillon sur le sable, sont déjà morts. Déjà morts ? L’enfant pleure. Pourquoi les coquillages sont-ils déjà morts ? Et pourquoi le petit chat est-il sous la terre, et pourquoi la voiture trop pressée nous a-t-elle pour toujours privés de le caresser ? La fatigue fait surgir des questions qui bouillonnent. Les pleurs et les pourquoi sont révoltés. Ils réclament au Monde des comptes.

Il faut rentrer à la maison, se doucher, se réchauffer, dîner, oublier.

L’enfant de trois ans, préparé pour la nuit dans son lit, me fait promettre dix fois de l’éveiller moi-même au matin. Si le petit chat peut dormir pour toujours sous la terre, et les coquillages en ailes de papillons échoués ne jamais se réveiller, l’enfant lui, veut être sûr qu’il ouvrira les yeux demain. Sur la lumière du jour, sur la chambre, sur maman. L’enfant a peur, il veut des histoires à lire et des chansons. Il veut l’histoire du chaton ami d’une souris qui joue à cache-cache dans un chausson.

Plus tard, bien tard, le petit enfant s’endort enfin, pelotonné par terre, au pied du lit de son frère.

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20 ans avec mon chat

Parce que dans un blog de prof on s’attend à trouver des bouquins

20 ans avec mon chat de Mayumi Inaba (1999) chez Picquier poche

Un vieux monsieur s’assoit en face de moi. Calée contre la fenêtre du métro, mon sac serré contre mon ventre, je m’enferme dans ma lecture. Le regard du bonhomme est insistant : c’est mon livre qui l’intéresse. Peut-être le bouquin est-il un prétexte à celui qui a envie de discuter ? Plus facile d’engager la conversation avec quelqu’un qui lit qu’avec quelqu’un qui tapote son téléphone en jouant à Crush Candy.

_ 20 ans avec mon chat ? C’est beaucoup, aucun de mes chats n’a vécu 20 ans.

Le mien vient de mourir à 20 ans. Il vivait chez mes parents, dans son jardin de toujours, bien mieux que dans un appartement parisien. Je réponds au vieux monsieur bavard et curieux. Tout en acceptant du bout des lèvres ce début de conversation, je baisse les yeux sur mon livre posé sur mon sac. Le sac est ouvert. On m’a volé ma carte bleue. Je me lève d’un bond et sors, pour téléphoner, pour faire opposition, là sur le quai bruyant depuis lequel je hurlerai, les mains sur les oreilles, mon numéro de compte à un conseiller financier.

J’ai laissé le vieux monsieur avec ses questions. Le titre de mon livre avait piqué sa curiosité, tout comme il avait piqué la mienne quand je l’avais vu dans une librairie, petit bouquin d’une femme écrivain qui m’était inconnue.

Je trouve peu d’informations sur Mayumi Inaba, mais beaucoup de photos d’elle et de photos de son chat. Femme de lettres japonaise, décédée en 2014, auteur de romans et de poèmes, elle a obtenu de nombreux prix.

20 ans avec mon chat n’est pas le livre d’une mémère à son Youki*.

20 ans avec mon chat est une autobiographie, dont le fil conducteur est une chatte, Mî, sauvée chaton de la rue, recueillie, aimée.

Mî est l’élément de stabilité de vingt ans de vie, marqués par le travail, par des déménagements, par un divorce, et surtout par une vocation naissante puis triomphante d’écrivain. La vie tourne et change autour de Mî.

Mî, fragile chaton grandit et vieillit. Sa fin, crue dans le récit de ses faiblesses, de ses maladies, des soins, de la tendresse et des inquiétudes, est réaliste sans être insoutenable. C’est juste comme ça, le récit mat et sans maquillage, de vingt ans de partage pendant lesquels l’existence de Mayumi Inaba, ses souvenirs, ses choix, son chemin vers l’écriture, sont indissociables de l’existence de Mî, de sa découverte et de son adoption, jusqu’à sa mort.

Un beau livre, simple, court, sans fioriture mais plein de poésie, à lire si on aime les chats et regarder la ville autour de soi.

*Le Youki, chanson de Richard Gotainer :

Burn-out ?

L’Université Syndicaliste, le journal du SNES, le plus gros syndicat enseignant du secondaire, a consacré un article au burn-out dans son numéro du 8 juin 2019. Je viens de tomber dessus en retard, au hasard de mes rencontres avec les journaux, livres et magazines qui traînent un peu partout chez moi.

Mes nombreux médecins, psychiatre et psychologue, m’ont dit que j’étais burn-outée, sans toutefois me faire comprendre ce que c’était. Je tiens debout. Je souris. Je m’occupe de mes enfants. Je parle aux gens. Je ne suis pas malade. J’ai longtemps cherché les symptômes de mon affection sans jamais réussir à écarter l’idée honteuse que j’avais gagné au loto de l’Éducation un arrêt maladie bidon.

Un burn-out est-il une dépression ? Un burn-out est-il à la mode, et peut-on l’adopter comme on décide de manger Vegan ou d’écrire un blog ? Tous mots que je n’entendais pas quand j’étais jeune.

L’article que je relis pour la cinquième fois m’éclaire enfin, après six mois d’absence au lycée :

« Les différentes définitions de ce syndrome mettent toutes en avant trois dimensions : l’épuisement émotionnel, psychique et physique ; le désengagement professionnel qui se traduit par le détachement et le « cynisme » ; et enfin l’absence d’accomplissement de soi au travail et le sentiment d’inefficacité et d’impasse. »

Le burn-out n’est pas le synonyme de trop de travail, ce qui serait comique bien sûr chez une enseignante à temps partiel. Le burn-out n’est pas une dépression, mais il y conduit. Là je comprends enfin que je fais un burn-out, et je remercie mon médecin traitant qui n’écoute pourtant pas les bobos et nous refuse les antibiotiques, de m’avoir diagnostiquée et retenue par la manche au bord du précipice.

L’article est cependant à double tranchant. S’il me libère du sentiment d’être une malade imaginaire puisqu’il décrit cliniquement ce que je reconnais être précisément mon état, s’il me déculpabilise en faisant résulter directement ma défaillance de mes conditions de travail et pas d’une fragilité ni d’un pet au casque, il m’interroge sur la légitimité de mon « sentiment d’inefficacité et d’impasse ». Ma vision noire de l’enseignement dans le 9-3, mon « cynisme », mon sentiment d’impasse sont-ils le reflet d’une réalité vraiment noire, ou sont-ils créés sans raison objective par mon épuisement émotionnel, psychique et physique ?

Les articles de mon blog sont-ils faux ?

Vous qui me lisez, avez-vous été abusés par un esprit épuisé, brûlé, qui verrait son monde à travers un prisme couvert de suie ?

La vie en Seine-Saint-Denis est-elle en réalité bleue comme le dispositif de « l’école bleue »* dont m’a proposé de profiter le Rectorat, à savoir aller enseigner pendant mon arrêt maladie quelques heures ou quelques semaines dans des endroits divers sous la houlette d’un professeur croyant et optimiste qui me réapprendrait à voir mon métier comme un ciel sans nuage ?

Puisque doute il y a, dans votre esprit comme dans le mien, voici un lien vers un reportage de France Culture. Il ne dure que cinq minutes et parle – en cette rentrée si médiatisée – de ces élèves auteurs d’une tribune que j’avais reproduite ici en juin 2019**. Ce n’est pas mon lycée, juste son petit frère, dans cette même famille des écoles de la France d’en bas.

Les protagonistes de ce reportage sont-ils, eux aussi, sombres et épuisés ? « L’école bleue » pourrait-elle nous prendre tous en stages groupés ?

https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/encore-une-rentree-difficile-pour-les-eleves-du-lycee-jacques-feyder-depinay-sur-seine-en-seine

Je n’ai pas deviné que je faisais un burn-out. J’ai ri au nez du premier médecin qui m’en a parlé. Le burn-out ne se ressent pas. Il nous fait croire que c’est juste normal d’être comme ça. Le burn-out, on le devine après, dans la trace qui reste quand il part, comme sur le mur de la chambre reste le rectangle aux couleurs vives, témoignage d’une armoire disparue qui privait autrefois ce coin de tapisserie des rayons du soleil. C’est seulement quand la lumière revient qu’on réalise que ça n’allait pas du tout depuis des mois ou des années. On se dit qu’on a failli perdre plus qu’un travail et qu’il ne faut plus jamais y retourner.

*Voir L’école bleue, juillet 2019

**Voir TRIBUNE des super héros, Juin 2019

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